Les Béothuks dans l'île de Dildo


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C'est dans le journal de Henry Crout que l'île de Dildo est mentionnée pour la première fois dans un document. Henry accompagna John Guy dans la baie de Trinity. Vers 4 heures de l'après-midi du 24 octobre 1612, ils arrivèrent dans Dildo Arm. En route, Henry écrivit qu'ils étaient passé au large de "trois belles îles". Ce sont les trois îles à l'entrée de Dildo Arm. La plus grande s'appelle île de Dildo.

Une semaine plus tard, en quittant Dildo Arm, ils mouillèrent au large d'une île pour passer la nuit. C'était probablement l'île de Dildo. Les hommes de Guy jetèrent l'ancre dans Barry's Cove, dans l'ouest de l'île.

Le retour à la baie de Trinity

Île de Dildo au lever du soleil. (Photo par William Gilbert. Reproduite avec la permission de la Baccalieu Trail Heritage Corporation.)
Île de Dildo au lever du soleil. (Photo par William Gilbert. Reproduite avec la permission de la Baccalieu Trail Heritage Corporation.)

John et ses hommes virent un grand nombre de camps béothuks pendant leur séjour à la baie de Trinity. Ils rencontrèrent aussi des Béothuks à Bull Arm et firent un repas avec eux. Henry désirait les retrouver. En juillet 1613 il fit voile pour la baie de Trinity avec trois autres hommes de Cupers Cove.

Un des endroits où ils avaient observé des Béothuks l’année précédente était le lac Dildo au fond de Dildo Arm. Il se trouve à l’emplacement actuel de Blaketown. Henry voulait voir si les Béothuks continuaient à habiter le lac Dildo.

 

 

Un camp béothuk

Le 2 juillet ils entrèrent dans Dildo Arm au lever du soleil. En passant  près d’une des îles ils virent un canot béothuk, puis une habitation béothuque. Ils descendirent à terre et visitèrent celle-ci. C’était un wigwam couvert de peaux. Henry dit que les Béothuks avaient fait un lit dans le wigwam. Ils avaient déposé par terre ‘de l’herbe longue et verte’ et l’avaient recouverte de peaux pour y coucher.

Henry dit que la maison ne pouvaient héberger qu’un homme, son épouse et un enfant. Il y avait un petit foyer à l’intérieur. Les pierres du foyer étaient encore chaudes, mais les Béothuks étaient partis. Henry a dit qu’ils avaient dû partir dans les bois. Il ajouta que les Béothuks faisaient rôtir différentes sorte de viande sur des bâtons. Henry et ses hommes laissèrent des cadeaux dans la maison pour les Béothuks. Puis ils rentrèrent à bord et firent voile pour Dildo Arm.

La chasse aux oiseaux

Perdrix (© Domaine public.)
Perdrix (© Domaine public.)

Il n’y avait personne au camp du lac Dildo quand Henry y arriva. Il affirma que c’était parce que les Béothuks étaient partis chercher des oiseaux et leurs oeufs sur les îles de la baie de Trinity. Il ajouta que les Béothuks faisaient sécher les oiseaux et les oeufs afin de les conserver pour l’hiver.

Un cadeau pour Henry

Le lendeman matin les explorateurs quittèrent Dildo Arm et passèrent près de l’île qu’ils avaient visitée la veille. Les Béothuks étaient partis, mais ils avaient laissé une partie de leur viande rôtie sur des bâtons. Henry dit qu’ils avaient laissé la viande comme cadeau pour lui et ses hommes.

Des pierres curieuses

Chert (Photo par William Gilbert. Reproduite avec la permission de la Baccalieu Trail Heritage Corporation.)
Chert (Photo par William Gilbert. Reproduite avec la permission de la Baccalieu Trail Heritage Corporation.)

Les archéologues croient maintenant que l’île où Henry avait vu le camp béothuk était l’île de Dildo. Depuis bien des années des pêcheurs de Dildo trouvaient des pierres curieuses sur cette île. Elles ressemblaient à du silex, et certains des pêcheurs s’en servaient comme pierre à fusil pour leurs mousquets.

Lorsque les archéologues examinèrent ces pierres ils trouvèrent que c’était du chert (ou silexite). Le chert est une sorte de pierre utilisée par les autochtones de l’Amérique du Nord et par d’autres pour faire des outils de pierre. La pierre à feu est une sorte de silexite.

 

 

 

Deux peuples différents

Les archéologues qui travaillaient sur l’île ont découvert qu’il y avait au moins deux groupes distincts d’autochtones qui y habitaient. Un des camps qu’ils avaient trouvés sur l’île était utilisé par des Amérindiens qui auraient pu être les ancêtres des Béothuks. Des morceaux de charbon trouvés dans un foyer à cet endroit ont été analysés. Les résultats nous ont appris que ces personnes habitaient le camp il y a environ 1 200 ans.

Les archéologues ont également trouvé les restes de deux maisons construites par le peuple appelé les Esquimaux de la culture de Dorset. On a trouvé des échantillons de charbon dans ces maisons aussi. Ils nous permettent de conclure que les Esquimaux de la culture de Dorset habitaient l’île de Dildo pendant environ 600 ans et qu’ils arrivèrent sur l’île il y a plus de 1 900 ans.

Dite dorset sur l'île de Dildo. (Photo par William Gilbert. Reproduite avec la permission de la Baccalieu Trail Heritage Corporation.)
Dite dorset sur l'île de Dildo. (Photo par William Gilbert. Reproduite avec la permission de la Baccalieu Trail Heritage Corporation.)